mardi 3 août 2010

Le retour de la vengeance

Presque 2 ans que j'ai abandonné ce blog aussi vite que je l'avais créé... J'étais pleine de bonnes intentions, et puis la vie, que voulez-vous les amis !

Il faut dire que depuis il s'est passé 2-3 choses. Vois-tu, gentil petit lecteur, à l'époque où j'ai commencé à disserter sur le net, mon ami Paul Emploi (qui s'appelait encore Anpe à l'époque) m'avait offert le grand luxe d'un bilan de compétences. Oui, à pas encore 30 ans, ya pas d'âge. Et puis offert, à force de harcèlement, il a plus trop eu le choix.

Contrairement à pas mal de gens, vraisemblablement, la démarche a porté ses fruits. J'allais revenir à mes premières amours, les langues, la rédaction, la traduction. Ceci dit, octobre, c'est un peu tard pour reprendre une formation... Qu'importe, j'avais trouvé un job agréable, bien payé, et très prenant. Qui m'a fait hésiter, il est vrai. Mais c'était le moment ou jamais.

Tant et si bien qu'il y a près d'un an, j'ai quitté mes montagnes (ça ne faisait pas si longtemps, mais diable je m'y étais attachée !), en emmenant l'homme de ma vie avec moi. Direction la capitale, dans l'allégresse pour Monsieur, content de changer d'air et avide d'une vie culturelle riche, un peu moins pour moi, qui gardais quelques souvenirs mitigés du quotidien parisien.

On se croirait pas à la campagne quand mon homme photographie le Père Lachaise ?


Rien ne se passe comme nous ne l'avions prévu, mais somme toute, c'est bien.
Je reste convaincue que cette formation était une super idée (merci à Amandine et Camille de m'avoir poussée aux fesses pour que je me lance !).
J'ai rencontré plein de gens supers et j'ai pris un plaisir fou à aller en cours une semaine sur 2.
L'alternance m'a permis de relativiser pas mal de choses que je prenais très (trop) à cœur dans ma vie pro d'avant. Et de me dire que globalement, je ne m'en sortais pas si mal. Et que dorénavant, je prendrai les choses avec un peu plus de philosophie.
On est bien dans notre joli petit appart (enfin, pour Paris, pas si petit...), et dans notre quartier de vieux en voie de boboïsation.
C'est vrai que c'est cool d'aller au concert. Ou au ciné. En VO.

Ya eu des coups durs, aussi. Beaucoup. Des qui font bien mal. Qui font réfléchir. Ou plutôt arrêter de réfléchir et de se poser trop de questions. Prendre la vie comme elle vient et essayer d'en profiter à fond.

Alors on a décidé que ces histoires de mariage, on arrêtait de les repousser sans cesse parce que c'est pas le moment idéal, et puis c'est compliqué, et puis c'est de l'investissement, en temps, en argent, et puis faut se concentrer sur le boulot, ça viendra bien ensuite.

Et au mois de mai, j'ai dit "Oui" à l'homme de ma vie. Qui a répondu par un "Oh oui" qui me donne toujours des frissons quand j'y pense... En tout petit comité, sans chichi, comme on avait envie. Et c'était juste parfait.



Ça faisait longtemps qu'on voulait sauter le pas. Dire à tout le monde qu'on voulait être ensemble et qu'on était une famille.

Ça a été d'autant plus fort quand on s'est rendu compte, en début d'année, qu'un petit locataire s'était installé sous mon nombril. Du genre qu'on attendait pas (parce que c'est pas le moment idéal, et puis c'est compliqué, et puis c'est de l'investissement, en temps, en argent, et puis faut se concentrer sur le boulot, ça viendra bien ensuite...), mais dont on parlait depuis plus longtemps encore que le mariage.

Forcément, tout n'est pas simple. Mais finalement, tout est au mieux. Il est bien malin, notre petit locataire, bien plus que nous, je pense. Il a même réussi à calculer que c'était le moment idéal pour poser ses bagages, que la proprio pourrait finir la fac tranquille et l'accueillir dans les semaines qui suivent. Genre elle aurait voulu le faire exprès que jamais elle aurait réussi. Et puis surtout, il a compris que c'était le moment idéal tout court, et que s'il nous laissait nous poser des questions, il était pas installé avant un bon moment, quelle que soit l'envie qu'on avait de l'accueillir.

Alors je le dorlote. Si on y réfléchit un peu, c'est une idée sacrément tordue de l'accueillir cette année, avec tout ce que la fac suppose. Mais je suis une femme de paradoxes, alors cette année que j'aurais dû passer la tête dans le guidon m'a finalement appris à m'écouter. Parce que c'est bien d'être consciente que le corps envoie des signaux, mais encore faut-il y prêter attention. Sauf que maintenant que je ne suis plus la seule concernée, c'est bizarre, mais tout le reste passe au second plan.

La tempête est passée, à part quelques cours en septembre (et une soutenance finale qui du coup devrait être folklo), il ne me reste plus qu'à couver, en attendant de rencontrer mon Mini-Mec en octobre. Et je compte bien en profiter...


lundi 29 septembre 2008

Une histoire de don de soi


Cher petit lecteur, tu vas trouver ça follement original, mais tout d'abord, je voulais adresser une petite pensée à Paul Newman...

Il y a quelques semaines, j'avais lu je ne sais plus trop où qu'il était très malade et qu'il lui restait peu de temps ; je m'étais dit que comme ça je serais préparée mais que bon, un homme de son âge, et malade de surcroît, malheureusement, c'est la vie... Et effectivement, quand mon amoureux m'a annoncé sa mort samedi soir, je n'ai pas vraiment réagi.

Et puis plus j'y pense, plus j'ai un triste petit goût dans la bouche... J'ai très peu de souvenirs de ses films, certainement car je n'en ai vu que très peu (et finalement, c'est surtout Liz Taylor qui me vient à l'esprit quand je pense à La chatte sur un toit brûlant) . En revanche, je savais qu'il était profondément investit dans de nombreuses oeuvres caritatives, notamment de soutien aux enfants malades. Et c'est à ça que j'étais (et suis toujours !) sensible, et d'ailleurs, je trouve que l'âge aidant, il portait la bonté sur son visage.

Il semble presque commun aujourd'hui que le people s'investisse pour de nobles et belles causes, mais notre homme le faisait depuis près de 30 ans, c'était tout sauf un effet de mode.

Et en pensant que de petits enfants condamnés ont eu droit à des éclats de rires quand tout était derrière eux, je me dis que le monde est un peu plus moche, un peu plus triste d'avoir perdu un homme comme lui... (Et d'abord je sors les violons si je veux)

Sur ce, gentil petit lecteur, et parce que ce film a été d'une fraîcheur salvatrice dans un week end où mes montagnes russes intimes m'emmenaient plutôt vers le bas (c'est dingue comme ça arrive facilement quand je fais l'erreur de regarder le JT de 20h), je voulais te faire une petite note sur Juno. Je sais que c'était la sensation du début d'année et que j'arrive sans doute un peu tard, mais tu l'auras sans doute déjà remarqué, car je sais que tu es futé, l'actualité, c'est pas forcément mon truc... Il y a un temps pour chaque chose. Et je trouve que parfois un film, un livre ou une chanson arrive juste à point nommé dans ta vie, et dans ce cas, je suis reconnaissante (envers qui je ne sais pas, je te tiendrai au courant) que lui et moi nous soyons trouvés ensemble à ce moment là.


Du coup (c'est quand même super pratique), je vais y aller mollo sur l'histoire, et ça tombe bien, résumer c'est pas c'que j'préfère ! Juno, 16 ans, trompe l'ennui en couchant avec son meilleur pote, et tombe enceinte. Elle choisit de faire adopter l'enfant par un couple qui a passé une petite annonce. Et c'est déjà pas mal.

Fraicheur, je l'ai déjà dit, car la miss Juno n'a pas la langue dans sa poche. Et puis parfois ça fait du bien de désacraliser un peu la grossesse (comme dans The Snapper, mais en moins irlandais). La douceur et les colères adolescentes sont là aussi, mais finalement, même si Juno clame à tout bout de champs qu'elle n'est pas assez mature (pour à peu près tout), c'est surtout une graine d'adulte avec une vraie sensibilité et qui comprend le monde qui l'entoure bien mieux que la moyenne d'entre nous.

Et puis il y a ces comédiens, la petite Ellen Page en tête, mais faut dire qu'elle m'avait déjà méchamment scotchée dans Hard Candy (ah mais quelle horreur ce film !). On retrouve aussi J.K. Simmons, l'affreux nazi d'Oz (ZE série carcérale, j'y reviendrai), qui campe un papa affolé mais débordant d'amour pour sa fille (j'y vois très bien mon papounet à moi)... un contre emploi à mon sens, mais j'ai souvent du mal à faire la part des choses quand j'ai été à fond dans une série. Et puis il y a Jennifer Garner. J'ai du mal avec elle en général, et puis là, pof ! Elle campe une future mère adoptive de prime abord tellement, euh, hypoallergénique, et qui se révèle finalement (euh) tellement maman... Un bon point pour toi, Jen !

Last but not least (bin oui j'ai rien de mal à dire sur ce film, il est vraiment plaisant), la super musique pop folk tout au long du film, et ça aussi il me semble qu'on en a pas mal parlé... Je rapporte juste ma petite pierre à l'édifice pour rappeler que Coming Soon, la (très) jeune scène annécienne, y joue 2 titres. Alors si en plus on peut consommer local...

vendredi 26 septembre 2008

Auprès de moi toujours


Je m'étais dit qu'aujourd'hui je parlerais plutôt d'un film, peut-être même d'une série, histoire de pas déjà sembler une grosse lourdingue monomaniaque. Mais vois-tu, gentil petit lecteur, j'étais en train de faire la vaisselle, et je me suis dit : "Celui-là, il ne faut surtout pas oublier d'en parler". Celui-là, c'est Auprès de moi toujours, du britannique Kazuo Ishiguro (oui oui, britannique, il n'y a pas d'erreur). Et depuis, je n'ai pas pu en détacher mon esprit, alors les images qui bougent, ça sera pour plus tard...

Il faut que j'avoue un travers, ça ne fait pas très sérieux... J'évoquais hier mes difficultés pour choisir mes lectures, mais parfois il y a un critère fort simple, et ça vaut aussi pour les disques et parfois les films : je suis attirée, voire carrément envoutée par un visuel, une esthétique. Une image qui doit entrer en résonance avec je ne sais quoi en moi. Parfois, ça vire même à l'obsession... bref, j'ai besoin de savoir ce qui se cache derrière cette belle image. Et chose étrange, je suis rarement déçue (ou alors de bien plus mauvaise foi que je ne veux bien l'admettre, au point de gommer certaines déceptions de ma mémoire ?)

Ça a donc commencé par une publicité dans un magazine hautement culturel (au moins Biba ou Marie-Claire... Je sais, mais on peut pas être intello tous les jours). Ce bras si pâle sur l'herbe si verte, ça pourrait être moi et ma Normandie natale, et pour peu que j'ai des perles à portée de main, je pourrais même jouer les œuvres d'art éphémères pour mon seul bon plaisir. C'est d'ailleurs l'image plus que le titre ou le nom de l'auteur qui m'a marquée.

En même temps, ce n'est pas bien grave, j'habite si près de la Fnac que plus près, ça serait y habiter. Donc j'y suis fourrée pas tous les jours, mais presque. Et ça tombe très bien, parce qu'ils avaient joliment mis en valeur l'édition poche d'Auprès de moi toujours. Après 2-3 passages devant (j'ai développé une maîtrise extraordinaire dans le non-achetage de tous les livres qui me font de l'œil, c'est que je pratique tous les jours, voyez-vous), j'ai cédé, parce qu'il fallait que je sache. En plus un auteur nippon, tout est fait pour me plaire, et le 4e de couverture, sibyllin, m'accroche.

Première erreur, Kazuo Ishiguro n'est pas japonais, mais bien anglais. En faisant quelques recherches tout à l'heure, pour savoir ce que ce monsieur avait écrit d'autre, j'ai découvert qu'il était également l'auteur des Vestiges du Jour. Un petit frisson me parcours l'échine... Je ne l'ai pas lu, mais je garde un souvenir très net du film de James Ivory, avec Anthony Hopkins et la belle Emma Thompson. Je devais avoir 12-13 ans, c'était mon premier film "de grande", loué par ma maman (qui a si bien su me communiquer son amour de la culture anglaise, merci Maman !) Je me rappelle n'avoir pas tout compris, je ne devais pas encore être familière de la notion de flash back. Et je me rappelle avoir été complètement embarquée dans ce film où à première vue, on pourrait croire qu'il ne se passe rien, mais en réalité, on est dans la retenue et on ne montre rien, tout est effleuré, suggéré. Et tout à coup, gentil petit lecteur, laisse-moi te dire qu'en réalisant que les Vestiges du Jour et Auprès de moi toujours, c'était la même personne, ça a sacrément fait tilt dans ma ptite tête !

Parce que tout à coup, j'ai réalisé que si la moitié de ma vie s'était écoulée entre ma première vision du film et la lecture de ce roman, les sensations très fortes que j'ai éprouvées en lisant était les mêmes que celles qui ont fait que ce film reste tellement marquant pour moi. Comme ça, je n'aurais jamais fait le rapprochement...

Je me suis promis de ne pas trop parler du livre en lui-même. L'histoire se construit petit à petit, très lentement, on reste dans l'obscurité pendant un long moment (trop au goût de certains lecteurs, ce que je peux tout à fait comprendre, je ne les blâme pas). Il est malaisé de parler de l'histoire sans trop en dire, je vous renvoie donc au 4e de couverture qui est pour une fois très bien fait (je passe mon temps à retourner au 4e de couverture quand je lis, et ma lecture achevée, je le trouve souvent pas génial).

Où on nous parle donc de pensionnat anglais pas tout à fait comme les autres, mais pas vraiment différent, de chroniques adolescentes forcément douces-amères, avec dans le lointain un je ne sais quoi qu'on sent hautement dérangeant... Car il s'agit, gentil petit lecteur, d'un roman d'anticipation. Je sens que je te perds, tu n'es pas branché SF, mais rassures-toi, moi non plus ! Disons que ce sont des chroniques d'une vie ordinaire dans un monde qui pourrait fort bien être le nôtre. Il y a un petit quelque chose qui m'évoque 1984, même si nous sommes dans des univers fort différents... Peut-être parce qu'il y a dans ces 2 romans une "réalité" pas si éloignée, et qui me donne envie de hurler tant elle met notre humanité loin de nous... Un futur qui me désespère d'autant plus qu'il est tout sauf inconcevable.

Car pas un seul instant je n'ai eu l'impression d'être dans un autre monde. L'auteur mentionne à un moment que nous sommes dans l'Angleterre des années 90 (même pas le futur, tu vois, je me suis trompée), et oui, je suis bien dans mon monde, ma réalité. Oui, il y a tout ce que j'aime dans les romans anglais, ce pourrait-être simplement une énième chronique adolescente, mais non... Ce réalisme subtil, cette douceur, cette sensation d'effleurer les choses et qui fait que moi, lectrice, tout ne me tombe pas tout cuit dans le bec, je dois faire une partie du chemin et lire ce qui se dessine entre les lignes (j'aime bien quand un auteur me laisse un peu de boulot).

Alors que dire, gentil petit lecteur ? Que conclure sur ce roman ? Il semble qu'il fasse débat sur la toile, les gens adorent, ou bien ils ne le finissent même pas. Et je l'ai dit, je ne veux pas blâmer ceux qui n'entrent pas dans cet univers complètement obscur au début, le reste pendant un long moment, et où il n'y a aucun véritable rebondissement... Quand on lit le pourquoi du comment écrit noir sur blanc, il y a bien longtemps qu'on a compris de quoi il retournait, pour peu qu'on ait voulu s'en donner la peine. Toutes les raisons que j'ai mentionnées et qui font que j'ai tellement aimé ce livre, ce sont autant de raisons pour lesquelles on peut ne pas l'aimer... Qu'en penses-tu, toi ?

jeudi 25 septembre 2008

Sweet lullaby


Puisqu'en ce moment j'ai le temps, je lis pas mal. Et j'ai d'ailleurs du mal à choisir quoi. Si bien que lors de ma dernière visite à la bibliothèque, alors que j'errais entre les rayonnages, totalement indécise, j'essayais de me rappeler comment je faisais avant... En fait, je me suis toujours posé ce problème, donc je n'ai pas vraiment eu de réponse satisfaisante.

Souvent, j'erre, je flâne, et avec un peu de chance je tombe sur un titre, un nom ou une couverture qui m'inspire. Méthode qui ne fait pas systématiquement ses preuves, je vous l'accorde. Mais quand ça ne marche pas, je me fixe un auteur, et après, j'avise (et je suis souvent déçue, car le livre est sorti/n'est pas au catalogue/n'est pas classé dans la catégorie où je pensais le trouver et je ne pense pas à le chercher ailleurs/mais qui c'est cet auteur ???)

Pour le coup, lors de cette visite, je me suis rappelée qu'il y a quelques années, j'ai vu Fight Club. Oui je sais, on est plusieurs dans ce cas. Et comme je suis livrophile et que j'ai bien appris ma leçon de "un film adapté est toujours moins bien que le livre" (en même temps, revoyez Shining et on en reparle), quand j'aime un film inspiré d'un livre, j'essaie de lire icelui. Et je suis tombée dans la prose hallucinée de Chuck Palahniuk.

Du coup, j'ai poursuivi sur ma lancée (c'est un moment que j'aime bien, quand je me retrouve avec plusieurs livres d'avance...). J'ai aimé, pas aimé, fini, pas fini, et je pense qu'en général, ça dépend plus de mon humeur du moment que de la qualité du roman. Choke, avorté. Monstres invisibles, dévoré. Ce qui ne signifie nullement que l'un soit pourri et l'autre génial.

En apercevant Berceuse sur l'étagère, je me suis rappelée de la critique de Time Magazine à sa sortie. Enfin, pas exactement, puisque je ne sais plus ce qu'ils en avaient conclu. C'est le thème, l'histoire, le pitch devrais-je dire si j'étais hype, qui m'avait tapé dans l'oeil. Une comptine qui tue votre prochain si vous la lui récitez ou même simplement si vous y pensez, une chanson d'élimination, ça s'appelle. Parlez-moi d'arme de destruction massive ! Et forcément, quand Streator notre journaliste protagoniste s'en rend compte, après avoir fait un peu joujou avec, il se met en quête de toutes les traces de cette comptine pour les détruire. On n'est pas des bêtes, non plus ! Quoique... finalement, le but de ce voyage n'est-il pas surtout de mettre la main sur le Livre des Ombres (grimoire de tous les grimoires pour ceux qui veulent un dessin) ? Est-ce que ça suffit, une chanson d'élimination, quand on peut avoir des charmes d'amour ou de possession ? Est-on simplement altruiste (pas le premier mot que m'évoque Palahniuk...) ou cherche-t-on au fond le pouvoir absolu ? Car une phrase revient souvent qui raisonne bizarrement dans ma tête, chaque génération veut être la dernière. Peut-être trouvé-je ça trop vrai...

Nous voici donc barrés dans un road-trip fantastico-terroriste entre notre journaleux, une agente immobilière experte en maisons hantées, entre autres, et un couple de jeunes hippies écolos extrémistes. On est toujours un peu dans le terrorisme chez Palahniuk, quelle que soit la forme (Fight Club est une apothéose, mais les héros de Monstres invisibles se posent aussi pas mal...). Et c'est peut-être ça qui me fatigue un peu chez lui, et m'accroche en même temps. Ces personnages auxquels je n'arrive pas à m'attacher (parce que dans le fond je cherche toujours une humanité que je ne retrouve jamais chez eux) et qui paradoxalement me fascinent vaguement. Peut-être parce que comme eux j'aimerais avoir le courage et la foi pour aller au bout de mes convictions. Peut-être parce qu'il ya suffisamment de violence en ce bas monde pour ne pas en rajouter une couche. Peut-être parce que le journal de 20h est bien assez glauque comme ça.

Il y a quelque chose d'obsessionnel dans l'écriture de ce bon vieux Chuck, de méthodique, de systématique. Tyler Durden nous apprenait la nitroglycérine et le savon, Streator nous donne "les détails sur [tel personnage] sont", et Oyster, son compagnon de route écolo, nous liste par le menu tout ce que l'homme a fait pour que la nature détruise la nature. Parfois j'aime cette manière de faire, parfois non. Aujourd'hui, je trouve que ça prend une proportion trop importante. J'ai envie de récit, pas de manuel scolaire à la thématique (dés)orientée.

Maintenant que dire, je l'ai lu en 2 jours, certes, c'est rock'n'roll, re-certes, et j'aime toujours ce thème de sorcière. Mais je ne vois pas quelle solution il a apporté, j'ai l'impression qu'il n'a même pas vraiment fini le livre, et ça me frustre. Je suis chiante sur les dénouements, j'ai même tendance à préférer un happy-end dégoulinant à une fin-glauque-parce-que-chuis-trop-glauque-comme-auteur. Nan mais c'est trop facile sinon ! Du coup voilà, j'ai l'impression que je ne peux plus rien dire de positif, et ça m'embête, parce que Palahniuk reste quand même mon terroriste préféré. Bin oui, à bas le grand capital, à bas la dictature du physique, et à nous la nature vraie !

Pour la peine, gentil petit lecteur, je fais comme lui, je ne conclue pas vraiment, na !

Premiers pas

Un blog de haute utilité publique ! Non en fait j'aime bien manier la dérision, c'est plus fort que moi... (j'aime aussi les 3 ptits points... et les parenthèses... et les points d'exclamation !!!)

Tout simplement, avant j'écrivais plein de bricoles dans de petits carnets, je ne le fais plus, ça me manque... Je pourrais reprendre la version papier, me direz-vous, c'est vrai qu'il y a un côté sensuel qu'on ne retrouve pas avec le blog. Et puis non, à force de dévorer la prose des autres, j'ai envie moi aussi de partager mes lubies avec qui voudra.

J'essaierai autant que possible d'éviter les débordements personnels, mais je pense qu'inévitablement il y en aura, je suis comme ça, j'aime disserter sur ma petite personne. Je suis très égocentrique, comme fille. Plus simplement, j'aspire à faire partager mes coups de cœur, mes lectures, mes films, mes concerts, mes ptites bouffes peut être et que sais-je... J'aime le joyeux bordel, et j'imagine que c'est comme ça que ça dégénérera.

Gentil petit lecteur, je te souhaite une bonne lecture !