
Je m'étais dit qu'aujourd'hui je parlerais plutôt d'un film, peut-être même d'une série, histoire de pas déjà sembler une grosse lourdingue monomaniaque. Mais vois-tu, gentil petit lecteur, j'étais en train de faire la vaisselle, et je me suis dit : "Celui-là, il ne faut surtout pas oublier d'en parler". Celui-là, c'est Auprès de moi toujours, du britannique Kazuo Ishiguro (oui oui, britannique, il n'y a pas d'erreur). Et depuis, je n'ai pas pu en détacher mon esprit, alors les images qui bougent, ça sera pour plus tard...
Il faut que j'avoue un travers, ça ne fait pas très sérieux... J'évoquais hier mes difficultés pour choisir mes lectures, mais parfois il y a un critère fort simple, et ça vaut aussi pour les disques et parfois les films : je suis attirée, voire carrément envoutée par un visuel, une esthétique. Une image qui doit entrer en résonance avec je ne sais quoi en moi. Parfois, ça vire même à l'obsession... bref, j'ai besoin de savoir ce qui se cache derrière cette belle image. Et chose étrange, je suis rarement déçue (ou alors de bien plus mauvaise foi que je ne veux bien l'admettre, au point de gommer certaines déceptions de ma mémoire ?)
Ça a donc commencé par une publicité dans un magazine hautement culturel (au moins Biba ou Marie-Claire... Je sais, mais on peut pas être intello tous les jours). Ce bras si pâle sur l'herbe si verte, ça pourrait être moi et ma Normandie natale, et pour peu que j'ai des perles à portée de main, je pourrais même jouer les œuvres d'art éphémères pour mon seul bon plaisir. C'est d'ailleurs l'image plus que le titre ou le nom de l'auteur qui m'a marquée.
En même temps, ce n'est pas bien grave, j'habite si près de la Fnac que plus près, ça serait y habiter. Donc j'y suis fourrée pas tous les jours, mais presque. Et ça tombe très bien, parce qu'ils avaient joliment mis en valeur l'édition poche d'Auprès de moi toujours. Après 2-3 passages devant (j'ai développé une maîtrise extraordinaire dans le non-achetage de tous les livres qui me font de l'œil, c'est que je pratique tous les jours, voyez-vous), j'ai cédé, parce qu'il fallait que je sache. En plus un auteur nippon, tout est fait pour me plaire, et le 4e de couverture, sibyllin, m'accroche.
Première erreur, Kazuo Ishiguro n'est pas japonais, mais bien anglais. En faisant quelques recherches tout à l'heure, pour savoir ce que ce monsieur avait écrit d'autre, j'ai découvert qu'il était également l'auteur des Vestiges du Jour. Un petit frisson me parcours l'échine... Je ne l'ai pas lu, mais je garde un souvenir très net du film de James Ivory, avec Anthony Hopkins et la belle Emma Thompson. Je devais avoir 12-13 ans, c'était mon premier film "de grande", loué par ma maman (qui a si bien su me communiquer son amour de la culture anglaise, merci Maman !) Je me rappelle n'avoir pas tout compris, je ne devais pas encore être familière de la notion de flash back. Et je me rappelle avoir été complètement embarquée dans ce film où à première vue, on pourrait croire qu'il ne se passe rien, mais en réalité, on est dans la retenue et on ne montre rien, tout est effleuré, suggéré. Et tout à coup, gentil petit lecteur, laisse-moi te dire qu'en réalisant que les Vestiges du Jour et Auprès de moi toujours, c'était la même personne, ça a sacrément fait tilt dans ma ptite tête !
Parce que tout à coup, j'ai réalisé que si la moitié de ma vie s'était écoulée entre ma première vision du film et la lecture de ce roman, les sensations très fortes que j'ai éprouvées en lisant était les mêmes que celles qui ont fait que ce film reste tellement marquant pour moi. Comme ça, je n'aurais jamais fait le rapprochement...
Je me suis promis de ne pas trop parler du livre en lui-même. L'histoire se construit petit à petit, très lentement, on reste dans l'obscurité pendant un long moment (trop au goût de certains lecteurs, ce que je peux tout à fait comprendre, je ne les blâme pas). Il est malaisé de parler de l'histoire sans trop en dire, je vous renvoie donc au 4e de couverture qui est pour une fois très bien fait (je passe mon temps à retourner au 4e de couverture quand je lis, et ma lecture achevée, je le trouve souvent pas génial).
Où on nous parle donc de pensionnat anglais pas tout à fait comme les autres, mais pas vraiment différent, de chroniques adolescentes forcément douces-amères, avec dans le lointain un je ne sais quoi qu'on sent hautement dérangeant... Car il s'agit, gentil petit lecteur, d'un roman d'anticipation. Je sens que je te perds, tu n'es pas branché SF, mais rassures-toi, moi non plus ! Disons que ce sont des chroniques d'une vie ordinaire dans un monde qui pourrait fort bien être le nôtre. Il y a un petit quelque chose qui m'évoque 1984, même si nous sommes dans des univers fort différents... Peut-être parce qu'il y a dans ces 2 romans une "réalité" pas si éloignée, et qui me donne envie de hurler tant elle met notre humanité loin de nous... Un futur qui me désespère d'autant plus qu'il est tout sauf inconcevable.
Car pas un seul instant je n'ai eu l'impression d'être dans un autre monde. L'auteur mentionne à un moment que nous sommes dans l'Angleterre des années 90 (même pas le futur, tu vois, je me suis trompée), et oui, je suis bien dans mon monde, ma réalité. Oui, il y a tout ce que j'aime dans les romans anglais, ce pourrait-être simplement une énième chronique adolescente, mais non... Ce réalisme subtil, cette douceur, cette sensation d'effleurer les choses et qui fait que moi, lectrice, tout ne me tombe pas tout cuit dans le bec, je dois faire une partie du chemin et lire ce qui se dessine entre les lignes (j'aime bien quand un auteur me laisse un peu de boulot).
Alors que dire, gentil petit lecteur ? Que conclure sur ce roman ? Il semble qu'il fasse débat sur la toile, les gens adorent, ou bien ils ne le finissent même pas. Et je l'ai dit, je ne veux pas blâmer ceux qui n'entrent pas dans cet univers complètement obscur au début, le reste pendant un long moment, et où il n'y a aucun véritable rebondissement... Quand on lit le pourquoi du comment écrit noir sur blanc, il y a bien longtemps qu'on a compris de quoi il retournait, pour peu qu'on ait voulu s'en donner la peine. Toutes les raisons que j'ai mentionnées et qui font que j'ai tellement aimé ce livre, ce sont autant de raisons pour lesquelles on peut ne pas l'aimer... Qu'en penses-tu, toi ?
Il faut que j'avoue un travers, ça ne fait pas très sérieux... J'évoquais hier mes difficultés pour choisir mes lectures, mais parfois il y a un critère fort simple, et ça vaut aussi pour les disques et parfois les films : je suis attirée, voire carrément envoutée par un visuel, une esthétique. Une image qui doit entrer en résonance avec je ne sais quoi en moi. Parfois, ça vire même à l'obsession... bref, j'ai besoin de savoir ce qui se cache derrière cette belle image. Et chose étrange, je suis rarement déçue (ou alors de bien plus mauvaise foi que je ne veux bien l'admettre, au point de gommer certaines déceptions de ma mémoire ?)
Ça a donc commencé par une publicité dans un magazine hautement culturel (au moins Biba ou Marie-Claire... Je sais, mais on peut pas être intello tous les jours). Ce bras si pâle sur l'herbe si verte, ça pourrait être moi et ma Normandie natale, et pour peu que j'ai des perles à portée de main, je pourrais même jouer les œuvres d'art éphémères pour mon seul bon plaisir. C'est d'ailleurs l'image plus que le titre ou le nom de l'auteur qui m'a marquée.
En même temps, ce n'est pas bien grave, j'habite si près de la Fnac que plus près, ça serait y habiter. Donc j'y suis fourrée pas tous les jours, mais presque. Et ça tombe très bien, parce qu'ils avaient joliment mis en valeur l'édition poche d'Auprès de moi toujours. Après 2-3 passages devant (j'ai développé une maîtrise extraordinaire dans le non-achetage de tous les livres qui me font de l'œil, c'est que je pratique tous les jours, voyez-vous), j'ai cédé, parce qu'il fallait que je sache. En plus un auteur nippon, tout est fait pour me plaire, et le 4e de couverture, sibyllin, m'accroche.
Première erreur, Kazuo Ishiguro n'est pas japonais, mais bien anglais. En faisant quelques recherches tout à l'heure, pour savoir ce que ce monsieur avait écrit d'autre, j'ai découvert qu'il était également l'auteur des Vestiges du Jour. Un petit frisson me parcours l'échine... Je ne l'ai pas lu, mais je garde un souvenir très net du film de James Ivory, avec Anthony Hopkins et la belle Emma Thompson. Je devais avoir 12-13 ans, c'était mon premier film "de grande", loué par ma maman (qui a si bien su me communiquer son amour de la culture anglaise, merci Maman !) Je me rappelle n'avoir pas tout compris, je ne devais pas encore être familière de la notion de flash back. Et je me rappelle avoir été complètement embarquée dans ce film où à première vue, on pourrait croire qu'il ne se passe rien, mais en réalité, on est dans la retenue et on ne montre rien, tout est effleuré, suggéré. Et tout à coup, gentil petit lecteur, laisse-moi te dire qu'en réalisant que les Vestiges du Jour et Auprès de moi toujours, c'était la même personne, ça a sacrément fait tilt dans ma ptite tête !
Parce que tout à coup, j'ai réalisé que si la moitié de ma vie s'était écoulée entre ma première vision du film et la lecture de ce roman, les sensations très fortes que j'ai éprouvées en lisant était les mêmes que celles qui ont fait que ce film reste tellement marquant pour moi. Comme ça, je n'aurais jamais fait le rapprochement...
Je me suis promis de ne pas trop parler du livre en lui-même. L'histoire se construit petit à petit, très lentement, on reste dans l'obscurité pendant un long moment (trop au goût de certains lecteurs, ce que je peux tout à fait comprendre, je ne les blâme pas). Il est malaisé de parler de l'histoire sans trop en dire, je vous renvoie donc au 4e de couverture qui est pour une fois très bien fait (je passe mon temps à retourner au 4e de couverture quand je lis, et ma lecture achevée, je le trouve souvent pas génial).
Où on nous parle donc de pensionnat anglais pas tout à fait comme les autres, mais pas vraiment différent, de chroniques adolescentes forcément douces-amères, avec dans le lointain un je ne sais quoi qu'on sent hautement dérangeant... Car il s'agit, gentil petit lecteur, d'un roman d'anticipation. Je sens que je te perds, tu n'es pas branché SF, mais rassures-toi, moi non plus ! Disons que ce sont des chroniques d'une vie ordinaire dans un monde qui pourrait fort bien être le nôtre. Il y a un petit quelque chose qui m'évoque 1984, même si nous sommes dans des univers fort différents... Peut-être parce qu'il y a dans ces 2 romans une "réalité" pas si éloignée, et qui me donne envie de hurler tant elle met notre humanité loin de nous... Un futur qui me désespère d'autant plus qu'il est tout sauf inconcevable.
Car pas un seul instant je n'ai eu l'impression d'être dans un autre monde. L'auteur mentionne à un moment que nous sommes dans l'Angleterre des années 90 (même pas le futur, tu vois, je me suis trompée), et oui, je suis bien dans mon monde, ma réalité. Oui, il y a tout ce que j'aime dans les romans anglais, ce pourrait-être simplement une énième chronique adolescente, mais non... Ce réalisme subtil, cette douceur, cette sensation d'effleurer les choses et qui fait que moi, lectrice, tout ne me tombe pas tout cuit dans le bec, je dois faire une partie du chemin et lire ce qui se dessine entre les lignes (j'aime bien quand un auteur me laisse un peu de boulot).
Alors que dire, gentil petit lecteur ? Que conclure sur ce roman ? Il semble qu'il fasse débat sur la toile, les gens adorent, ou bien ils ne le finissent même pas. Et je l'ai dit, je ne veux pas blâmer ceux qui n'entrent pas dans cet univers complètement obscur au début, le reste pendant un long moment, et où il n'y a aucun véritable rebondissement... Quand on lit le pourquoi du comment écrit noir sur blanc, il y a bien longtemps qu'on a compris de quoi il retournait, pour peu qu'on ait voulu s'en donner la peine. Toutes les raisons que j'ai mentionnées et qui font que j'ai tellement aimé ce livre, ce sont autant de raisons pour lesquelles on peut ne pas l'aimer... Qu'en penses-tu, toi ?

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